Monaco 2029 : 55 propositions pour un nouveau modèle de développement
Des idées et des projets
Alors ses grandes orientations quelles sont-elles ? La première s’est imposée physiquement : l’exiguïté du territoire. Une contrainte qui a forcé les souverains tels que Charles III ou Rainier III à imaginer une autre façon de se développer avec aujourd’hui la nécessité, plus évidente encore qu’avant, de favoriser les activités à très fortes valeurs ajoutées. Pour cela, des structures de financements efficaces, basées en Principauté, devraient être encouragées. Deuxième priorité : la meilleure implication des Monégasques et des enfants du pays dans la création de richesses: éducation, opportunités adaptées aux jeunes diplômés, incitation à un esprit plus entreprenarial etc, les propositions ne manquent pas. Autre base d’investigation, l’attractivité. La Principauté, de part son alignement progressif sur les standards internationaux va devoir se passer, entre autres, d’une partie de son activité offshore (par exemple les comptes basés à Monaco mais détenus par des personnes non-résidentes). Le groupe propose d’encourager la venue de nouveaux résidents fortunés qui s’impliqueraient plus dans l’économie du pays. Bref, un attrait autre que fiscal. Exemple de propositions concrètes : la création d’un Business Center reposant sur des technologies d’avant-garde, écologiques et fonctionnelles, susceptible d’accueillir des sièges sociaux d’entreprises de haute technologie. Autre axe d’analyse, l’extension de la zone économique monégasque en impliquant plus fortement les communes limitrophes. Un espace commun sous-exploité, susceptible d’accueillir d’avantage d’échanges et de richesses. Et pour éviter la saturation de l’espace, le télétravail pourrait être développé et facilité. Quatrième sujet de réflexion : la gouvernance. Mieux communiquer, faire en sorte que l’administration tout comme les banques soient à même d’accueillir de façon optimale les nouveaux arrivants ou encore favoriser l’émergence de structures garantissant une qualité « made in Monaco », telles sont parmi d’autres, les idées qui émergent. Enfin dernier sujet sur lequel s’est penché le groupe de réflexion : « quel modèle économique pour Monaco ? ». La réponse est plus un développement de la question même si les experts préconisent une plus grande liberté pour les entrepreneurs mettant en exergue la trop grande concentration de certaines activités, nuisible selon eux, à la concurrence et au dynamisme de la Principauté. Bref au final une somme de propositions pour nourrir et inspirer le débat. Certains points seront sûrement critiquables, discutables ou irréalistes mais les auteurs s’en réjouissent. Car leur but, c’est bien de susciter des échanges fructueux pour aider la Principauté à innover. C’est maintenant à l’exécutif d’exploiter ce concentré d’idées et de l’enrichir. Et comme le cite Stéphane Valeri à la fin de son introduction, Keynes formulait déjà la complexité des réformes en une phrase : « La difficulté n’est pas tant de développer de nouvelles idées que d’échapper aux anciennes ».
Le Livre Blanc de Monaco 2029 à télécharger en cliquant ici