Les dorures de la haute bourgeoisie des années folles dissimulaient de noir secrets… Les frasques, les dérives et les coucheries embarrassantes Des secrets de polichinelles qui unissaient, malgré elles, bon nombre de personnalités… Une situation amusante que Francis Dorléans à décidé d’unir en un seul roman : Snob Society. Ce recueille de portraits croustillants se déguste d’un trait ou se picore par petites touches : au fil des chapitres, la vie intime de dandys, playboys, starlettes ou vedettes de légende est mise à nue.
Monaco.mc : Quelle est l’histoire de Snob Society ?
Francis Dorléans : Ce livre dresse le portraits de gens snob des années 1920 à 1972. Une cinquantaine de personnes excentriques, esthètes, pas forcement superficiels, mais des snobs comme Chanel, Gloria Swanson, Greta Garbo, la duchesse de Windsor ou encore Onassis et Jacques Chazot. J’ai de l’affection pour 90% des personnages, je les traite parfois avec désinvolture, mais je ne les méprise jamais ! La Callas, c’est un génie, mais elle était ennuyante comme la pluie ! Pourquoi avoir écrit ce livre ? J’ai beaucoup lu dans ma vie. Longtemps de la littérature et un jour par hasard à la gare j’ai commencé à lire une biographie. C’était mal écrit, mais ça me changeait de la littérature. Il se passait plein de choses. J’en ai lu des centaines et j’ai vu apparaitre des connexions entre les personnalités. Des liens qui échappaient souvent aux gens. Et en tant que grand lecteur de Proust, j’étais sensible à ce côté-là, ces mondes qui ne peuvent pas se toucher et qui d’un coup se rejoignent. Cela me faisait beaucoup rire. J’ai vu un moyen de présenter le destin de ces gens et qu’il y ait une impression d’histoire. Dans ce milieu, tous les gens couchent ensemble !
Monaco.mc : Vous êtes direct, ce livre a-t-il déplu à certains ?
F.D : Tout ce que j’avance est tiré de choses écrites. J’ai des preuves de tout ce que j’avance. Et souvent les faits étaient encore pires que ce que je raconte.
Monaco.mc : Tous ces snobs ont-ils réussi à vous surprendre ?
F.D : Je croyais tout savoir sur leur vie en commençant mon livre, mais j’ai fini par en apprendre encore plus sur certains personnages ! Des coucheries m’ont étonné. Comme Pamela Harrimane, je pensais la connaître, un peu comme tout le monde. Mais je ne la connaissais pas très bien en fin de compte et sa vie amoureuse m’a laissé sur le cul ! Elle est super drôle, cette Anglaise de la plus haute aristocratie qui se tape la terre entière et termine ambassadrice des Etats-Unis. C’est fort ! Elle n’a eu que des hommes richissimes dans sa vie. Et je suppose qu’il me reste encore des choses à apprendre !
Monaco.mc : A qui s’adresse ce livre ?
F.D : Je pensais qu’il allait s’adresser aux gens de ma génération ou plus âgés. Et en fait pas du tout, y’a un styliste photo newyorkais qui se montre sur son Facebook photographié avec mon livre. Il a dit qu’il l’adore. Olivier Zahm du magazine Purple a aussi mis quelque chose sur Snob Society sur sa page web. Ce sont des gosses, ils ont à peine 30 ans et j’ai trouvé ça super sympa ! Je suis ravi, ils apprendront plus de choses que leurs ainés. Mais même eux ont des choses à apprendre, les gens connaissent les grands noms comme Jackie Kennedy, Grace Kelly, mais certains personnages dont je parle le sont moins.
Monaco.mc : Comment sont les snobs d’aujourd’hui par rapport aux snobs d’hier ?
F.D : Le snobisme existera toujours. Vouloir être mieux que sa voisine, se montrer etc. Le désir de paraître est quelque chose qui ne disparaitra jamais ! Mais la forme a énormément changé. Je déteste les gens qui disent : « c’était mieux avant ». Mais aujourd’hui, on a l’impression que les gens qui se font prêter de grandes robes ou des costumes chez de grands couturiers, qui vont ensuite à des soirées et s’y font photographier une fois rentrés chez eux, ils mangent une pizza sur le parquet ! Je trouve ça assez triste. En même temps, c’est peut être plus simple. Les gens se donnaient beaucoup de mal à l’époque. Vous vous rendez compte, ils se changeaient 3 à 4 fois par jour ! Il y avait les domestiques d’accord, mais ils recevaient tous les soirs. Ils avaient de la conversation, les gens voulaient faire de l’esprit, être intéressants. Il ne l’était pas toujours, mais ils essayaient ! Tout ça a disparu. Et tout ce qui allait avec : l’art de vivre, la politesse… Ce qui compte aujourd’hui, c’est la célébrité à l’état pur. Tout le raffinement a disparu. C’est regrettable, mais on ne va pas pleurnicher ! Il y avait un milieu particulier qui a disparu. Maintenant il suffit d’être riche et célèbre. Mais s’acheter 15 sacs Hermès ne veut pas dire qu’on est chic !
Infos pratiques :
Snob Society
Editions Flammarion
25 euros à la Fnac Monaco.